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#TWITCHBLACKOUT : un harcèlement qui n'en finit plus

Des dizaines d'utilisateurs de Twitch ont lancé, ce mercredi, le hashtag #TWITCHBLACKOUT sur les réseaux sociaux, appellant les streameurs à ne pas lancer de live aujourd'hui. Le but ? Dénoncer le harcèlement incessant qui a lieu sur la plateforme depuis plusieurs années.


Connaissez-vous Twitch ? Cette plateforme, lancée en 2011, offre un service de streaming vidéo en direct. Il n'y a encore que quelques années, on retrouvait majoritairement du streaming de jeux-vidéos et de compétitions e-sport, mais, depuis peu, Twitch héberge également des streams de simples discussions ou encore musicaux. Au fil des années, on a pu assister à des évènements révolutionnaires qui changeaient du simple format live (on pense notamment au Z Event). Puisque l'on y parle jeux-vidéos, Twitch a longtemps été utilisé quasi-uniquement par des hommes. Heureusement, les choses changent.


Depuis quelque temps maintenant, on retrouve de plus en plus de streameuse sur Twitch. Elles jouent aux jeux-vidéos, participent des compétitions e-sport, proposent des lives avec des concepts divers et variés, enfin bref, elles assurent. Enfin, ça, c'est la partie visible de l'iceberg. De l'autre côté, il y a celle qui a fondu. Autrement dit, la partie de l'iceberg qui était là, qui a été vue par tout le monde, et qui a été oubliée. Autrement dit bis : le harcèlement.


L'une des options les plus appréciées sur Twitch, c'est le tchat. Grâce à lui, vous allez pouvoir communiquer en live avec le ou la streameur.se, réagir à ce qu'il ce passe et parfois même l'aider s'il est coincé sur un jeu. Le tout, surveillé par des modérateurs qui n'hésiteront pas à vous bannir si vous enfreignez les règles du tchat. Trop génial, vous me direz. Pas autant quand on est une femme.


Personnellement, j'utilise Twitch depuis 2016. Cela fait donc 4 ans que je voyage de stream en stream à la recherche du live qui tuera mon ennui le temps d'une soirée. Avec le temps, je suis devenue une abonnée fidèle de certains créateurs de la plateforme et ne manque aucun de leurs lives. Pour être honnête, j'ai même sorti ma carte bleue à plusieurs reprises pour soutenir quelques-uns financièrement tellement leur contenu me plaisait. Vous l'aurez compris, j'adore Twitch et les options que la plateforme offre.


Comme sur tout réseau social, il est possible de mettre une photo de profil, ce que j'ai fait dès mon inscription. Jusque-là, rien d'anormal. Je parlais très rarement sur les tchats par peur de dire une chose de travers ou de tout simplement écrire pour rien, puisque mon message se perdrai au milieu des centaines d'autres envoyés au même moment. Les seules fois où je le faisais, c'était sur les tchats de "petits streamers" (autrement dit, avec moins d'abonnés). Les autres utilisateurs présents pouvaient alors voir mon profil et voir que je suis une femme. En 4 ans sur Twitch, je n'ai jamais pu compter le nombre de messages sexistes et/ou à caractères haineux que j'ai pu recevoir, en privé comme en public.


J'adorerais dire que je suis la seule personne victime de ce genre de situation, ou alors que je ne fais partie que d'une infime minorité, mais ce serait si faux. Non seulement les abonnées en sont victimes, mais encore plus les streameuses en elles-mêmes. Il suffit de rester une bonne heure à fixer le tchat d'une streameuse pour se rendre compte du problème : messages sexistes, incitation à la haine, menaces de viol, et j'en passe. Il suffit également de scroller sur le hashtag #TWITCHBLACKOUT sur Twitter pour se rendre compte du nombre de femmes qui ont la même expérience que moi. Tout ça parce qu'elles aiment le jeu-vidéo et le streaming.


Le patron de Twitch, Emmett Shear, est dans la ligne de mire du mouvement : des milliers de signalements ont été fait au fil des années, regroupant pour certain.es streameur.ses des dossiers complets de messages de haine reçus. La réponse d'Emmett Shear ? Un bon rire au nez bien condescendant. On comprend vite qu'il faudra se débrouiller seul.es pour que justice soit faite sur Twitch, ou du moins pour que le plus simple des respects soit (ré)instauré.


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