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Orelsan : un quatrième album "sur sa meuf et la société"

La fête est finie, il est maintenant l'heure de parler sérieusement. Après une longue pause médiatique tout 2020, Orelsan est bel est bien de retour avec un nouvel album, Civilisation. Sorti le 19 novembre dernier, l'album est déjà à quelques ventes près d'être certifié disque de platine.



Le rappeur caennais continue de marquer l'histoire : quatre jours après sa sortie, Civilisation est à 6000 ventes près de dépasser un record de ventes en une semaine, jusqu'alors détenu par Deux Frères de PNL (2019). Après le succès monstre de La fête est finie, Orelsan était devenu presque invisible. Comme il l'expliquait sur le dernier morceau de la réédition de cet album, Epilogue : "C'est l'heure de quitter Paname, choisir qui sera là le soir de mon mariage".


Ce n'est qu'en octobre 2021 qu'Orelsan sort de sa grotte, tout d'abord avec Montre jamais ça à personne. Disponible sur Prime Video sous forme de six épisodes, le documentaire retrace la vie et la carrière du rappeur. Le tout, avec des images que son frère garde depuis plus de 20 ans. L'arrivée de Civilisation, elle, est annoncée le 26 octobre, soit deux semaines avant sa sortie.



"Le cercle du mal jamais fini"


Un album qui, à première écoute, fait penser à un Suicide Social partie deux. Comme il le dit lui-même, Civilisation a deux sujets principaux : l'amour et la société. Cette dernière est illustrée sous toutes ses formes à travers les titres.


Pochette de l'album "Civilisation"

À sa manière, le rappeur dépeint les problèmes sociétaux actuels : la politique, la pollution, les réseaux sociaux, les médias. Rien ne passe entre les mailles du filet, le tout accompagné du franc-parler qui lui est propre.


L'odeur de l'essence, le single promotionnel, avait déjà bien posé les bases pour le reste de l'album. Réelle critique des clashs médiatiques, Orelsan blâme les extrêmes. Des dizaines de phrases qui attaquent les centres du problème, sans détours.



De même pour le morceau Civilisation, qui fait le point sur une société constamment en désaccord. Comme il le dit lui-même, "soyons d'accord de pas toujours l'être".


Certains morceaux, eux, s'écoutent comme une histoire. Un récit qui commence d'un évènement lambda, et qui finit comme une prise de conscience. C'est le cas pour Baise le monde, débutant par un hymne à la fête et cette fameuse "mentalité zéro lendemain", et terminant sur une critique de la société de consommation.


Même traitement pour Manifeste, probablement la piste la plus poignante de l'album. Un morceau qui raconte le déroulement d'une manifestation (NDLR : que l'on devine être reliée aux Gilets jaunes) qui finit mal. Aux côtés des manifestants, l'artiste ne se retrouve d'abord pas, puis aurait espéré ne jamais s'y trouver. Une critique de la police, de la France et des médias, cachée à travers trois personnages.



Le côté plus lumineux de Civilisation


Entre violence des mots et paroles poignantes, Orelsan propose aussi des pauses plus lumineuses dans Civilisation. Des morceaux plus heureux, sur un fond plus léger, avec un message -- parfois -- d'espoir.


Édition "Athéna" de l'album "Civilisation"

Comment ne pas parler du retour des Casseurs Flowters, son légendaire duo avec Gringe ? Après deux albums, un film (Comment c'est loin) ou encore une série (Bloqués), le duo n'avait rien fait de nouveau depuis 2015. C'est entre les morceaux sombres de Civilisation que se cache leur retour, avec Casseurs Flowters Infinity. Des retrouvailles qui ont ravi les fans du duo.


D'autres morceaux, eux, s'inspirent de sa relation amoureuse. Ensemble et Athéna ramènent un peu d'amour dans Civilisation, tandis que Bebeboa revient sur les problèmes d'alcool de sa partenaire.


"Et crois-moi, je sais pourquoi je t'aime, dix ans m'le rappellent" (Athéna)


Comme à son habitude, Orelsan fait un constat inquiétant -- et pourtant si réaliste -- d'une société bancale en besoin de changement. Et il le fait avec brio.


Avant même la sortie de Civilisation, une tournée, le "OrelsanTour", était déjà annoncée, et très vite presque complète. À ce jour, ses cinq dates à l'AccorHotels Arena affichent déjà sold-out, ainsi que plusieurs zéniths en France. Les plus chanceux auront l'occasion de le voir en 2022 sur scène, trois ans après la fin de sa tournée La fête est finie.

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