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Notre défilé croisière favori de 2020 est celui de Gucci

Après une saison pleine de belles surprises cette année, notre verdict est tombé : le défilé Gucci et son traditionnel « beau bizarre » nous ont encore séduit. Alessandro Michele, le directeur artistique de la marque a opté pour un lieu chargé d'Histoire, les musées du Capitole à Rome, fondés au XVème siècle. Des statues antiques encerclaient les invités qui avaient besoin d'une lampe torche disposée sur leur siège pour admirer les tenues des mannequins puisque la pièce était plongée dans l'obscurité.


Alessandro Michele a voulu mettre à l'honneur l'Italie antique à travers des tenues drapées qui rappellent les toges portées autrefois. On remarque aussi des rappels à l'actualité, plus particulièrement celle des États-Unis où le droit à l'IVG est menacé. Les conditions d'accès à l'avortement sont durcies dans la plupart des États conservateurs américains comme l'Alabama, le Mississipi ou le Kentucky. Sur une jupe plissée est brodé un utérus fleuri, rappelant la position féministe du créateur. Le message « My body, my choice » est présent au dos d'une veste de costume et un tee shirt laisse apparaître la date du 22 mai 1978, celle de la prise d'effet du droit à l'avortement en Italie. Tous ces détails politiques affirment l'engagement féministe de la marque Gucci qui soutient la fondation Chime for Change depuis 2013. Cela confirme l'idée que la mode peut être une nouvelle façon de faire de la politique.


Les autres maisons de luxe ont aussi frappé fort cette année. Dior a mis en lumière la culture africaine et son savoir-faire, avec le catwalk le plus long de l'histoire. Nicolas Ghesquière a proposé sa nouvelle forme du it-bag chez Louis Vuitton. C'était aussi la première fois que Virginie Viard présentait une collection Chanel en tant que directrice artistique, depuis la mort de Karl Lagerfeld. Elle ne nous a pas déçus avec des silhouettes modernes et libres, chères à Karl Lagerfeld et Gabrielle Chanel. Mais Alessandro Michele a réussi à créer un mélange homogène entre pop culture, Italie antique et des années 1970, politique et expression de soi. En bref, Gucci a encore misé sur le « beau bizarre » et c'est un pari gagné. L'extravagance paye toujours.