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Lille unie dans la lutte Anti-raciste

Mis à jour : juin 4

Le 2 juin 2020 marque un jour historique. Cette journée a rassemblé des milliers de personnes à travers le monde. La cause est la même : l’anti racisme, la fin des bavures policières et justice pour toutes les personnes racisées qui sont les victimes de ces crimes.


La lutte contre les violences policières et les homicides racistes commence dans les années 1980 en réponse aux crimes raciaux de 1975 (France). Le site « urgence notre police assassine en toute impunité » a dressé la liste (édifiante) des victimes entre 2005 et 2015. Parmi ces victimes se trouvent Zied et Bouna, 17 et 15 ans ; aux Mureaux un adolescent de 14 ans, Albertine Sow, enceinte au moment des faits. Salem Essouli, mort par manque de soins dans un centre pénitencier, Abdoulaye Fofana, roué de coups mortels dans le hall de son immeuble.


La liste est encore longue et non exhaustive. Tous ces crimes, pour la plupart restés impunis, ont choqué et ont fait perdre toute légitimité à la justice française. En France, une militante porte le visage de cette lutte : Assa Traoré. Cette femme est une activiste qui lutte pour l’antiracisme depuis la mort de son frère Adama Traoré, tué lors d’un contrôle de police en 2016. Avec son comité « Comité vérité et justice pour Adama » elle mène des actions pour obtenir une justice (réelle) pour son frère.

Le problème n’est pas propre à la France, des bavures policières existent également aux Etats-Unis, où de nombreuses personnes noires ont été tuées. Trayvon Martin, 17 ans (2012) tué par un vigile. Eric Garner, 43 ans (2014) meurt étouffé par un policier. Walter Scott 50 ans (2015) a perdu la vie à cause d’une balle suite a un contrôle pour un phare de voiture brisé. En 2014, Michael Brown, 18 ans, abattu alors qu’il avait les bras levés. Plus récemment, Breonna Taylor, 26 ans assassinée dans son lit. Georges Floyd tué en mai 2020, plaqué au sol et étouffé par le genou de l’agent. Ces dernières paroles sont « I can’t breathe » (je ne peux plus respirer). Sa mort a ravivé une colère et a déclenché des rassemblements mondiaux pour dire stop à ce racisme devenu « banal ».


La rédaction était présente au rassemblement lillois et c’est pour toutes les victimes et à tous ceux qui se battent que nous dédions cet article.

Le rassemblement lillois s’est organisé de manière spontanée. Un appel sur les réseaux sociaux et le rassemblement était lancé. Les organisateurs ont été clairs : les gestes barrières doivent être respectés et la manifestation doit être pacifique. Le rendez-vous est donné pour le mardi 2 juin 2020, à 18 heures devant la préfecture.


Alors armés de nos pancartes, nous arrivons à l’heure dite. La place est déjà pleine de manifestants à genoux avec le poing levé. Des pancartes sont levées avec des slogans « Black Lives Matters » « Justice pour Adama » ou encore « Don’t Shoot ».



Les organisateurs prennent la parole, et à la force de leurs voix, dénoncent. Le discours prononcé par Maria (@wicca_maria) touche le public et est le symbole d’une jeunesse qui ne se laissera pas faire. La manifestation tente alors de partir vers le centre de Lille mais les policiers empêchent le cortège d’avancer. Les manifestants se regroupent devant eux et scandent leurs slogans. Les manifestants restent calmes et non violents. Le nombre de participants (une estimation de 4000 personnes) a fait céder le barrage policier et la manifestation a pu avancer.



Durant 3 heures, des milliers de personnes ont défilé dans les rues. De Grand Place à Notre Dame de la Treille, les terrasses (à peine ré-ouvertes) ont été le témoin d’une cohésion et d’un dévouement inépuisable. Les marcheurs ont hurlé « Ne nous regardez pas, rejoignez-nous » aux personnes installées sur la terrasse, ce qui a provoqué de nombreux applaudissement et gestes de soutien. La manifestation s’est terminée dans le calme, après un aller-retour devant le tribunal de Justice de Lille. Les manifestants se sont dispersés sans incident. Ce rassemblement lillois rejoint les mouvements de Lyon, Marseille et Paris, qui ensemble, on l’espère vont faire bouger les choses.


Crédits photographies : Charlotte Szczepaniak

Twitter : @szczcharlotte

Site internet : Charlotte Szczepaniak

Instagram : Charlotte Szczepaniak