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Les trois petits cochons face au grand méchant loup

Le monde connait ce conte ou le « grand méchant loup » s’attaque aux trois petits cochons. La morale de l’histoire se résume à dire qu’avec du travail tout est possible.

C'est intéressant de remarquer à quel point des histoires enfantines s'appliquent aux grands problèmes sociaux. D'un point de vue capitaliste on peut personnifier le loup comme le commerce traditionnel. Puissant, impressionnant et surtout d’apparence insubmersible. Parallèlement les trois petits cochons ressemblent aux coopératives / agriculteurs / homme de loi qui tentent de faire bouger les choses.




Le loup, allégorie d’une multinationale a pour but d’atteindre le plus de profit possible. Il va agir dans ce but en multipliant le nombre d’intermédiaires et en s’assoyant sur la rémunération et les conditions de travail des producteurs (ainsi que des répercussions écologiques).

À l’instar du conte le loup n’a pas peur et méprise les trois petits cochons, ne soupçonnant pas leurs forces. Les trois compères frappent en 1964 avec la conférence CNUCED de Genève. Les pays en développement demandent un commerce juste avec les pays développés. Les petits cochons ont mis un pied dans le commerce avec l’ouverture de la première boutique « du monde » en avril 1969.



Le commerce traditionnel ignore cette nouveauté, se sentant surpuissant. Le magasin connait un tel succès que deux ans plus tard, plus de 120 boutiques fleurissent un peu partout en Europe.


Le loup perçoit des échos, va tenter de souffler sur ce nouveau mode de consommation. Cependant les fondations du commerce équitable sont devenues solides. À partir de 1988 le label « Fair Trade », plus connu sous le nom de « Max Havelaar » est donné à un café, garantissant son éthique. Les boutiques se multiplient et le label entre dans la grande distribution. Cette sortie du commerce alternatif rend le commerce équitable accessible à tous. C’est le début d’un essor qui ne fait que grimper. Bien entendu, le commerce équitable ne va pas résoudre tous les travers négatifs de la gestion libérale de la mondialisation mais il contribue à un développement durable ou la justice sociable et les droits humains sont plus importants que le profit.