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Identité cinématographique #2

Mis à jour : avr. 27


Avez-vous déjà réalisé que chaque séries, films, titres, lectures ou jeux laissent sur chacun d'entre nous une empreinte, un ressenti, une vision ? M!NEWS propose, dans la logique où la culture fait de nous des êtres uniques, de revenir en série sur les films ayant contribué à nous construire.


Lire le premier épisode juste ici.



Le Monde de Charlie de Stephen Chbosky (2012)


Difficile de ne pas avoir été influencée par un film qui a, lui-même, influencé une bonne partie de ma génération. Adapté du roman éponyme, Le Monde de Charlie retrace la vie d'un adolescent en dépression clinique qui sort à peine d'un hôpital psychiatrique. L'histoire commence en 1992 à quelques jours de la rentrée en seconde pour Charlie. On va alors être témoins d'un retour dans la vie sociale et les difficultés que cela engendre pour un adolescent avec des problèmes mentaux. L'histoire peut paraître simple, mais elle va en réalité bien plus loin que ça. Comment continuer à vivre quand on en a aucune envie ? Et surtout, comment imaginer son futur quand on ne prévoyait pas d'en avoir un ?


En plus d'être un bijou d'écriture, ce film continent des scènes considérées comme les plus esthétiquement agréables. Comment ne pas parler de la scène dans le tunnel avec Heroes de David Bowie en arrière-plan ? Ou du remake du Rocky Horror Picture Show par les personnages ?



Un bon nombre de jeunes adultes ayant regardé ce film lorsqu'ils étaient adolescents seront d'accord avec moi pour dire que ce film leur a provoqué une envie de liberté immense, en plus de leur avoir enlevé la peur de vieillir. Comme dirait Charlie : "À ce moment-là, je jure que nous étions l'infini".



Intouchables d'Olivier Nakache (2011)


Alors oui, je vous vois venir : "C'est trop facile de mettre l'un des films préférés des Français dans cette liste". Mais n'y a-t-il pas une raison pour laquelle ce film est dans cette liste ?



Disons-le d'emblée : ce film était une révolution dans les comédies françaises. Je suis sûre que vous êtes capables de citer un bon nombre de films de ce genre qui ont eu un succès monstre au box-office alors qu'ils sont terriblement mauvais (NDLA : Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu... Est-ce qu'on a réellement besoin d'en parler ?).


Le synopsis est pourtant très simple : Driss (joué avec brio par Omar Sy) se retrouve, après avoir purgé une peine de 6 mois pour un braquage, auxiliaire de vie pour Philippe (François Cluzet), un riche tétraplégique. S'ensuit alors une réelle découverte des classes sociales vues par les différentes classes sociales elles-mêmes. Le film entier est un flash-back de la rencontre des deux protagonistes et de leur terrible envie de vivre dissimulée sous des aventures farfelues. Intouchables est une réelle leçon de vie que le spectateur doit découvrir à travers une finesse d'écriture des plus remarquables.


Toy Story de John Lasseter (1995)


"Film de gamins", vous dites ? Et si on passait à côté de la partie "dessin animé" pour se concentrer sur l'impact de ce film sur plusieurs générations ?


Que celui qui n'a jamais chanté Ton ami c'est moi à fond devant sa télévision lorsqu'il était petit me lance la première pierre. Pareil pour celui qui n'a jamais fait semblant de dormir pour voir si ses jouets allaient devenir vivants. Outre le côté "Disney et enfant" de ce film, il est en réalité une vraie leçon sur l'amitié, chose très importante à connaître lorsque l'on est un enfant. On restera marqués à jamais par l'amitié incroyable de Woody et Buzz l'Éclair et des nombreuses leçons à tirer de ce film.



Parasite de Bong Joon-ho (2019)


LE film de 2019, et probablement de la décennie. S'il y a une chose à dire sur Parasite, c'est que personne ne s'attendait à un tel succès. En même temps, quand on voit que beaucoup de personnes ont refusé d'aller le voir parce qu'il était diffusé uniquement avec des sous-titres, on comprend vite que le public ne méritait pas un tel chef-d'oeuvre.



Inattendu serait un bon adjectif pour décrire ce film, autant pour l'oeuvre en elle-même que pour le synopsis. Il est compliqué de résumer Parasite en quelques phrases, et le faire ruinerait l'expérience qu'est le visionnage de ce film, alors je vous laisserais le faire de vous-même. C'est une réelle perle du monde cinématographique comme on le connaît aujourd'hui : entre beauté d'écriture, beauté esthétique et fine critique de la société coréenne, Parasite n'a rien à envier à Hollywood, surtout avec ses 4 Oscars fraîchement gagnés.


Un conseil : attendez-vous à l'inattendu, et gardez en tête que vous serrez capable de voir ce film pour la première fois qu'une seule fois dans votre vie, alors profitez de ce moment. Et comme dirait Bong Joon-ho : "Passez au-dessus des sous-titres".



We Need to Talk About Kevin de Lynne Ramsay (2011)

Vous aimez être mal à l'aise devant un film ? Vous êtes servi. We Need to Talk About Kevin est l'un de ces films que l'on ne regarde qu'une seule fois car la sensation après l'avoir visionné est trop étrange.



Eva et Franklin, un couple amoureux comme il en existe que très peu, ont un enfant. Kevin. Dès sa naissance, la relation entre Kevin et sa mère est plus que malsaine. Le problème ne vient pas de la mère : elle n'est pas agressive ni mauvaise, en réalité, elle ne peut pas approcher Kevin depuis sa naissance sans qu'il se mette à hurler. Kevin, par contre, agit comme un ange aux côtés de son père. On assiste alors à des scènes extrêmement gênantes et malsaines, dont je me passerais de vous décrire.


Kevin finira par commettre un massacre à son école, avant de tuer son propre père et sa petite soeur. Pourquoi ? Même en ayant regardé le film, la question reste compliquée. We Need to Talk About Kevin est une bonne manière de rester vigilant quant aux personnes qui nous entourent, en plus d'apprendre que la folie est parfois invisible à l'oeil nu. Mention (très) spéciale à l'acteur Ezra Miller qui interprète Kevin avec un talent terrifiant qui lui est propre.